Tour du monde de la bière : zoom sur la Roumanie

Publié le : 24 avril 20236 mins de lecture

En fait, aujourd’hui, la tournée arrive en Roumanie, un pays qui, ces dernières années, possède l’une des économies les plus solides d’Europe de l’Est : en effet, en 2022, elle a augmenté de 5,8 %, tandis que le PIB national a enregistré un +5 tout aussi significatif. , 3 %. Des chiffres qui ont également un impact positif sur le développement de la chaîne d’approvisionnement de la bière roumaine.

Un secteur qui se développe surtout grâce à l’initiative et à l’inventivité de divers jeunes entrepreneurs locaux qui développent et lancent des recettes originales sur le marché : pour cette raison, on ne peut pas souligner que la « révolution de la bière artisanale » est arrivée ici aussi », ou plutôt la croissance rapide du nombre de micro-brasseries présentes sur le territoire national.

À cet égard, la facilité de trouver l’un des éléments fondamentaux du brassage en Roumanie a donné une impulsion importante au développement du secteur : nous parlons de houblon qui pousse spontanément sur les rives des rivières et dans les bois.

Non seulement ces aspects contribuent à la croissance, mais aussi le fait que la bière fait partie des traditions historiques de la population locale (comme la plupart de celles qui peuplent l’Europe de l’Est), en particulier dans la vaste région Carpates-Danube.

Braga, la bière roumaine du Moyen-Age

En fait, les premières preuves concernant la production de bière traditionnelle dans cette région remontent au Moyen Âge, où elle est encore vendue sur les marchés fermiers de certaines villes et villages : connue sous le nom de « braga », c’est une boisson fermentée.

Il est préparé à partir de diverses céréales comme le son de blé, le maïs, le millet ou l’avoine, laissées à tremper (et, parfois, à germer, pour obtenir une version moins alcoolisée) : les graines sont ensuite légèrement grillées et transformées en farine qui est ensuite mélangé avec de l’eau et de la levure et mis à fermenter dans un tonneau en bois.

Transféré dans des pots en terre ou des récipients en bois, il est servi froid et sucré avec du sucre ou du miel pour ceux qui le souhaitent. Les proportions des différents ingrédients varient d’un producteur à l’autre : c’est pourquoi la « braga » peut prendre différents arômes et changer légèrement de couleur.

Une tradition séculaire qui conduira, en 1878, à la naissance de la première brasserie roumaine : il s’agit d’Ursus, basée dans la ville de Cluj, qui, depuis 2002, appartient au groupe Sab-Miller. Initialement, et jusqu’en 1927, l’entreprise porte le nom de son fondateur, Frigyes Czell.

L’une des références phares de la maison est la bière blonde Ciucas (produite à Brasov), avec une teneur en alcool de 4,6%, qui tire son nom de la montagne homonyme d’où coule l’eau avec laquelle elle est fabriquée. Il a une couleur jaune doré, avec une mousse persistante et un arôme caractérisé par des notes de houblon, de maïs, d’agrumes et de foin.

Ursus, producteur de bière le plus important de la Roumanie

Ursus qui, avec environ 40% des parts de marché, est le producteur le plus important du pays : une tranche qui, cependant, diminue lentement grâce à la naissance continue de petites brasseries ; un phénomène soutenu par une nouvelle prise de conscience des consommateurs locaux, de plus en plus aptes à reconnaître et apprécier les produits de qualité les préférant aux produits industriels.

Parmi les jeunes réalités qui se distinguent sur la scène brassicole roumaine, on retrouve la brasserie Oriel , fondée en 2017 à Bucarest par deux jeunes entrepreneurs. Le nom de la petite entreprise dérive de celui d’Uriel, l’archange de la lumière et de la sagesse dans la culture juive.

Les bières produites ici s’inspirent des styles belges les plus emblématiques, mais sont revisitées dans une touche moderne, en ajoutant des ingrédients locaux. De plus, diverses références de la maison sont vieillies dans des fûts en bois précédemment utilisés pour la fermentation de distillats tels que le whisky et le rhum.

C’est le cas de l’Oriel quadrupel, une bière titrant 10 % d’alcool : la boisson est en effet vieillie sept mois dans des fûts contenant du rhum puis refermentée en bouteille pendant encore trois mois. Le produit final a une couleur brune intense avec des arômes de chocolat, d’amandes et de sucre.

La bière roumaine des Carpates

Mention aussi pour la micro-brasserie Zaganu, située au pied de la montagne homonyme dans les Carpates : toutes deux portent le nom d’une espèce d’aigle (l’aigle barbu), traquée jusqu’à sa disparition il y a près de 100 ans. Parmi les propositions de brassage, on trouve une India Pale Ale et une Red Belgian Ale : toutes deux non pasteurisées et non filtrées, produites avec de la levure de fermentation haute et vieillies pendant au moins 23 jours.

L’Oriel et Zaganu ne sont que deux des quelque 20 petites brasseries qui, ces dernières années, se sont fait une place sur le marché roumain grâce aux investissements de divers jeunes entrepreneurs : à ceux-ci s’ajoutent la passion et le savoir-faire des maîtres brasseurs à créer des bières originales, utilisant également des matières premières locales, et revisitant, en leur donnant un nouveau look, les grands classiques européens de différentes traditions.

 

 

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